A l’époque de l’envol des pétales des cerisiers en fleurs, dispersés par les souffles printaniers doux, violents ou par brise légère, la multiplicité des regards fascinés sur ce phénomène enjoliveur du quotidien peut-il créer une contagion de plénitude ? Une contagion d’un bonheur simple et furtif ? D’un bonheur partagé ?
Le bonheur est contagieux. Tout comme le sont les actes de générosité et de coopération. La vidéo publicitaire d’une chaîne de télévision danoise montre combien nous sommes liés.
12 067 personnes connectées entre elles entre 1971 et 2003
Une longue étude s’étendant sur 20 ans, de 1983 à 2003, avec 4 739 personnes suivies dans le cadre d’une recherche débutée en 1948 sur l’épidémiologie et les risques cardiovasculaires, la Framingham Heart Study, s’est appliquée à démontrer que le bonheur se répand comme un virus contagieux.
Les chercheurs ont pu reconstituer le maillage social de 5 124 personnes soit 53 228 relations directes et indirectes ! Sans rentrer dans les détails méthodologiques et statistiques, James Fowler et Nicholas Christakis montrent qu’il existe des groupes de personnes heureuses et non heureuses mais surtout que celles qui sont entourées par de nombreux individus heureux ont une probabilité plus importante de le devenir aussi dans le futur. Ils indiquent qu’un ami habitant à 1,6 km de distance et qui devient plus heureux augmente les chances qu’une de ses connaissances le devienne aussi par 25 %. En revanche, l’effet perd de sa puissance avec la distance géographique et le temps qui passe.
Nos sourires ont du poids, nos actes positifs également. Qu’ils s’envolent et se propagent tels des pétales fragiles pour illuminer d’autres vies.