Il suffit parfois d’un petit coup de pouce pour amorcer une nouvelle pente. Avec des mauvaises nouvelles qui s’enchaînent, un recul des avancées qui étaient amorcées dans le domaine environnemental, garder l’espoir dans l’action relève de l’exploit.
Chacun sa méthode pour faire de son mieux. La mienne est introspective, elle est de me plonger dans la littérature scientifique et découvrir de nouvelles façons de penser, faire, ouvrir l’esprit et les possibles. C’est aussi voir et avaler des tendances peu réjouissantes. Laissons cela de côté pour ce post. La plongée dans l’étude des liens entre l’écologie et la psychologie positive lors de l’écriture de mon ouvrage « Psychologie positive et écologie, enquête sur nos relations émotionnelles à la nature » (Actes Sud, 2019), m’avait porté vers cet espoir : qu’aider les autres (tous les vivants) est porteur de sens, que la reconnexion à la nature via les émotions qu’elle suscite, redonne vie au corps, au mouvement, à l’action. La diversité du vivant porte la diversité des émotions.
Avec cette pluie perpétuelle de l’hiver (voire du printemps avancé) 2024, le petit coup de pouce s’est donc révélé dans une lecture entre deux marches arrosées pendant mes congés. Il s’agissait du concept « Trois choses positives dans la nature ». Un concept dont je n’avais pas parlé dans mon livre, puisqu’il nécessitait de développer un gros volumes d’études portant sur la gratitude.
Je découvrais que les chercheurs anglais Miles Richardson et David Sheffield, qui avaient développé le concept avant 2016, avaient considérablement avancé dans leurs travaux. Ainsi, prendre le temps d’observer, dans une journée, trois choses qui font du bien autour de soi, même en ville, issues du monde vivant non-humain, accroît significativement le bien-être, comme le concept de psychologie positive « trois choses positives du jour ». Observer puis écrire sur ce que l’on a vu, entendu et senti de positif dans la nature donne un nouveau sentiment d’y être intégré.
Ce n’est pas rien. C’est transformant.
Si la marche solitaire a des effets bénéfiques sur la santé et le bien-être dans un « package nature tout compris », l’éclairage d’une ou plusieurs nouveautés étonnantes les renforce. Mais encore faut-il s’y intéresser. En balade avec des non naturalistes, il m’arrive de jouer à ce jeu et de faire, par exemple, remarquer « tiens, il y a un pouillot véloce dans les parages ». « Comment tu le sais ? » est souvent la réponse. Les oiseaux chantent et pourtant, ils ne sont pas écoutés. Comme de la cécité intentionnelle. Alors j’explique, et généralement, c’est à ce moment-là que l’oiseau se tait. Puis, quand les corps reprennent leur marche, l’oiseau entonne son tsip tsap, tsip tsap singulier au cœur du sous-bois. Et c’est joie que de voir le visage s’éclairer avec cette nouveauté sensorielle. Plusieurs fois, il y aura matière à perfectionner l’écoute au cours de la promenade. « Et celui-là, c’est bien le même oiseau ? »
Le « trois choses positives dans la nature » est ce fameux coup de pouce. Il permet d’éviter la nécessité d’être accompagné et invite à aiguiser soi-même son sens de l’observation. Et ça marche puisque l’attention portée à la nature dans un espace urbain accroit significativement le bien-être et notamment de ceux ayant des problèmes communs de santé mentale.
L’autre joie révélée à la lecture de l’article est que les trois choses positives dans la nature et / ou un programme de sciences participatives naturalistes (voir cette présentation au Collège de France) possèdent les mêmes bénéfices. A vouloir aider sur la compréhension du vivant, on tombe dans la perplexité, et les méandres de la beauté et de l’émerveillement de la diversité biologique terrestre. Waouh. Une émotion nécessaire et parfois trop oubliée dans le quotidien d’un monde qui court.
Et en très peu de temps, les participantes (majoritaires) et participants améliorent leur score pro-environnemental. Comme quoi, il n’y a pas que la méditation et le yoga qui transforment de l’intérieur. Et un petit coup de pouce est toujours bon à prendre.
PS/ Il existe une app anglaise qui utilise le concept : Go Jauntly: Discover Walks
« Three positive things in nature »: a path to inner transformation
As one environmental crisis follows another and progress is reversed, it’s not easy to maintain hope through action.
Everyone has their own method for doing their best. Mine is introspective, and involves immersing myself in scientific literature and discovering new ways of thinking and doing, opening up the mind and the possibilities. It also means seeing and swallowing unpleasant trends. Let’s leave that aside for this post. The dive into the study of the links between ecology and positive psychology while writing my book « Psychologie positive et écologie, enquête sur nos relations émotionnelles à la nature » (Actes Sud, 2019), had brought me to this hope: that helping others (all living things) is meaningful, that reconnecting with nature via the emotions it arouses, gives new life to the body, to movement, to action. The diversity of living beings bears emotions diversity.
With the perpetual rain of winter (or even late spring) 2024, the little helping hand I needed came in the form of reading between watery walks during my vacations. It was the concept of the « Three Positive Things in Nature ». A concept I hadn’t mentioned in my book, as it would require the development of a large number of studies on gratitude.
I discovered that English researchers Miles Richardson and David Sheffield, who had developed the concept before 2016, had made considerable progress in their work. So, taking the time to observe, in the course of a day, three things that feel good around you, even in the city, from the non-human living world, significantly increases well-being, like the positive psychology concept « three positive things of the day ». Observing and then writing about the positive things you’ve seen, heard and felt in nature gives you a new sense of being part of it.
This is no small thing. It’s transformative.
If solitary walking has beneficial effects on health and well-being as part of an « all-inclusive nature package », lighting up one or more surprising novelties reinforces them. But you still need to be interested. When out and about with non-naturalists, I sometimes play this game and point out, for example, « there’s a chiff chaff nearby ». « How do you know? » is often the reply. The birds are singing, yet they’re not being heard. Like intentional blindness. So I explain, and usually that’s when the bird falls silent. Then, as the bodies resume their walk, the bird intones its chiff chaff, chiff chaff singular in the heart of the undergrowth. And it’s a joy to see faces light up with this sensory novelty. There will be plenty of opportunities to perfect listening skills during the walk. « Is that the same bird as that one?
The « three positive things in nature » is that famous helping hand. It avoids the need to be accompanied, and invites you to sharpen your own sense of observation. And it works, since the attention paid to nature in an urban space significantly increases well-being, especially for those with common mental health problems.
The other joy revealed by the article is that the three positive things about nature and/or a participatory natural science program (see this presentation at the Collège de France) have the same benefits. In trying to help us understand the living world, we fall into perplexity, and the meandering beauty and wonder of the earth’s biological diversity. Wow. It’s a necessary emotion, but one that’s sometimes forgotten in the daily grind of a fast-paced world.
And in a very short time, the majority of participants improved their pro-environmental score. So, it’s not just meditation and yoga that transform from the inside out. And a little help is always welcome.
nices!! “Trois choses positives dans la nature”: une voie de transformation intérieure
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