« Le voyage me semble un exercice profitable. L’ame y a une
continuelle exercitation à remarquer les choses incognues et nouvelles;
et je ne scache point meilleur escolle, comme j ‘ay dict souvent, à
former la vie que de luy proposer incessament la diversité de tant
d’autres vies, fantaisies et usances, et luy faire gouter une si
perpétuelle variété de formes de nostre nature. (III, 9:95) »
L’écrivain Michel de Montaigne l’avouait « la seule variété me paye ». Selon lui, en acceptant et en examinant sa nature humaine et individuelle, à la fois contradictoire et unifiée, l’être humain exerce « un art de vivre » naturel, au moyen duquel il peut atteindre au bonheur profond d’une vie intègre et en harmonie avec la nature (Rebecca Aukje Houtsma, 1991).
Plusieurs articles scientifiques récents tendent à confirmer que la « variété est l’épice de la vie ». Le bonheur ne résiderait pas seulement dans une recherche de sens, de plaisir, de satisfaction générale. Il résiderait pour certains dans une richesse psychologique trouvée dans les expériences vécues, renouvelées qui transforment les pensées et interrogent, avec curiosité, autant les événements intenses négatifs que positifs. Dans une enquête réalisée dans neuf pays différents, entre 7 et 17 % des 3728 personnes interrogées ont indiqué préférer une vie riche et variée plutôt qu’un idéal de bonheur ou d’une vie pleine de sens.
Marcher dans la nature, observer animaux et plantes participent à l’augmentation de ces expériences. Même en ville. La diversité d’un paysage formé dans un jardin est rapidement perçu – sans pour autant que les personnes sachent nommer les espèces végétales. Or des chercheurs ont montré que des jardins paysagers variés augmentent la restauration psychologique. Ils invitent d’ailleurs les paysagistes à mélanger les zones de forêts avec des arbustes, des prairies et des fleurs, des mares et des zones minérales. Créer de la complexité visuelle pour autant inviter à la beauté, à la curiosité et au repos mental.
Alors pour terminer, un exercice issu de l’article Noticing nature: Individual and social benefits of a two-week intervention
Au cours des deux prochaines semaines, observez les scènes naturelles (paysage, espèces, ciel..) que vous rencontrez au quotidien. Si une émotion particulière se distingue, prenez une photographie et inscrivez-la dans vos notes.
Puis partagez ! 🙂