Merci

Merci à cette solidarité humaine qui montre que l’on est plus fort que l’horreur et la terreur. Était-il vraiment indispensable de publier un article dans les conditions de ces attentats, sous le choc ?

Si l’on arrive à mieux vivre ensemble, comprendre les autres, être à leur écoute, y trouver une vie meilleure pour nous et pour les autres… Au moins aura-t-on avancé vers un monde plus apaisé en évitant la haine.

Ce post est lié à la reconnaissance. Comment se montrer reconnaissant dans une telle situation ?

Pour les chercheurs, la reconnaissance que nous portons aux autres et qu’eux nous portent est l’émotion positive la plus impliquée dans nos relations sociales : c’est la colle qui nous lie.

Or souvenez-vous, ce qui nous rend le plus heureux, ce sont justement nos relations avec les autres. Les élans de solidarité dont nous sommes témoins avec nos proches nous réconfortent, nous soudent et nous rassurent dans la tristesse qui nous enveloppe.

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Être gentil avec soi

Je ne pensai pas aborder tout de suite le sujet de la compassion mais voilà qu’un article scientifique vient de paraître à ce sujet : The role of self-compassion in buffering symptoms of depression in the general population (PLOS one).

L’article est d’autant plus intéressant que les chercheurs ont étudié un large échantillon de 2 404 personnes de la population allemande. Pour résumer, les personnes ayant plus de compassion envers elles-mêmes montrent moins de symptômes dépressifs (jugement sur eux-mêmes, isolement, observations négatives).

Mais qu’est-ce qu’avoir de la compassion envers soi-même ? Et comment faire pour la cultiver ?

La grande spécialiste de la question est la chercheuse américaine Kristin Neff (ici son site ; et son livre en français).

Self compassion is the practice of quieting the inner critic, replacing it with a voice of support, understanding and care for oneself

Nous sommes généralement notre pire ennemi. Les mots que nous employons envers nous-mêmes lorsque nous pensons avoir fait une erreur sont généralement très durs. Repensez au moment où vous avez consolé quelqu’un qui s’est trompé et au moment où vous-même avez fait une erreur. Le mieux est encore de les écrire afin de pouvoir les comparer….

Qu’observez-vous alors ?

Etre compatissant envers soi nécessite trois éléments clés : de l’auto-gentillesse (envers soi-même), un sentiment d’humanité commune et une pleine conscience.

En situation difficile, la gentillesse est bien plus qu’un sourire. C’est faire tout ce que l’on peut pour s’aider soi-même comme on le ferait pour son meilleur ami.

Le sentiment d’humanité commune est de se dire : « oui, dans la vie tout n’est pas rose. Personne n’est né avec un contrat bien préparé où il est dit que la vie sera parfaite. Tout le monde est au même niveau. » Ce sentiment procure une connexion avec les autres et nous empêche de nous isoler dans la souffrance.

La pleine conscience, c’est la capacité à ne pas ignorer nos douleurs et à les accepter.

OK. Mais en étant gentil avec soi, on risque de ne plus avancer, de devenir égoïste, non ?

On en reparle dans un prochain post !

Notre bonheur est lié à notre entourage, à nos amis

Il n’y a rien de mieux qu’une bonne discussion entre amis !  D’après les chercheurs en psychologie positive, nos relations sociales sont une condition nécessaire pour se sentir heureux.

En 2002, Ed Diener et Martin Seligman montraient que les personnes très heureuses sont particulièrement sociales comparées à celles qui le sont moins. D’autres chercheurs ayant utilisé la méthode « the daily reconstruction method » ont montré qu’au cours de nos journées, ce sont nos relations sentimentales et amicales qui nous procurent le plus de joie.

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Faites le bilan + du jour !

C’est ce qu’appellent les scientifiques américains les « Three good things ». La journaliste Florence Servan-Schreiber appelle ça les 3 kifs

À vous de choisir.

Ce qui compte, c’est que ça marche !

Dans la vie de tous les jours, on a plutôt tendance à noter ce qui va mal. Et ceci, et cela. Et untel m’a dit ça… Les bonnes choses sont généralement tenues pour acquises. On les néglige, comme tout ce qui est positif, on ne se rend plus compte des « petits riens » qui réchauffent le coeur.

Les « three good things » inversent cette tendance.

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Explorer la science du bonheur

On m’a demandé où je voulais en venir avec ce blog, quel était mon objectif.

Il est très simple : retranscrire ce que j’ai appris lors de ma formation « the science of happiness » à l’université de Berkeley, Californie (ici), suivre l’actualité scientifique de plus en plus riche à ce sujet et donner des outils en français pour faire en sorte de cultiver notre moi positif.

La science du bonheur est une discipline scientifique à l’intérieur du vaste domaine de la psychologie. Elle a encore ses détracteurs, comme l’écologie scientifique dont je suis également une spécialiste…c’est le jeu de la science en marche ! Pourtant, les résultats sont de plus en plus nombreux à en prouver l’efficacité. Dès lors, pourquoi sans priver ? Pendant longtemps, les scientifiques ont cherché à résoudre nos peurs, nos angoisses, nos colères en cherchant à comprendre pourquoi et comment nous nous acharnions à faire notre propre malheur. Aujourd’hui au contraire, ils cherchent à mettre en lumière les mécanismes qui nous permettent d’être heureux en étudiant nos émotions positives. Ce sont ces mécanismes que je souhaite partager avec vous.

L’idée n’est pas d’occulter notre moi négatif, aussi utile que le positif dans certaines circonstances, mais d’utiliser les méthodes mises au point par les scientifiques pour (re-)centrer notre intérêt sur ce qui va bien au lieu de s’arrêter aux soucis, aux contrariétés, aux auto-critiques….en bref, d’ouvrir notre champ de vision et surtout de nous remettre aussi bien que possible des malheurs de la vie.

N’étant pas psychologue, mais vulgarisatrice scientifique, je ne prétends pas guérir les états d’âmes ni les chocs psychologiques. Pour cela il y a des professionnels dont c’est le métier. J’utilise ici mes compétences journalistiques et scientifiques pour transmettre les nouveautés et les savoirs sur la question qui nous intéresse.

Le positif est très à la mode : les magazines fleurissent sur le sujet. Pour ma part ils restent très superficiels et très consuméristes alors que, bien au contraire, les recherches en psychologie positive montrent que nous pouvons aller vers un monde plus frugal, plus simple tout en étant basé sur des relations humaines plus riches.

C’est reparti pour cette rentrée 2015 !

Se promener dans la nature, c’est bon pour la santé mentale !

L’article vient de paraître dans une grande revue scientifique américaine (PNAS) :

90 minutes de marche dans la campagne diminue l’impression d’avoir « ruminé », d’avoir ressassé cent fois les mêmes idées négatives.

Et ce n’est pas qu’une impression : le cortex préfrontal, une région du cerveau connue pour s’ activer dans les moments négatifs tels que la tristesse, présente aussi une moindre activité !

En revanche, des personnes ayant marché 90 minutes en ville sur un trottoir animé ne présentent pas ces effets.

Alors oui, pour éviter les pensées errantes, les mauvaises pensées, rien ne vaut l’art de la marche !

On espère que les effets sont aussi positifs pour 20 à 30 minutes de marche parce qu’on ne marche pas une heure et demi tous les jours…

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Trois mois pour changer

Se tourner vers ses émotions positives, ce n’est pas effacer d’un coup de balai ses émotions négatives. Les deux sont nécessaires ; les deux façonnent notre identité et notre bien-être. En revanche, cultiver ses émotions positives permet de se sentir plus heureux et surtout nous transforme en tant qu’individu.

C’est ce que montre la chercheuse Barbara Fredrickson. Sa théorie m’a profondément épatée.
Elle commence par rappeler que 1% de nos cellules sont renouvelées chaque jour.
C’est 30% en un mois.
En un peu plus de trois mois, l’ensemble de nos cellules est donc renouvelé dans notre corps.

Or, pour la chercheuse psychologue, c’est aussi le temps qu’il faut pour modifier un comportement ou pour changer ses habitudes.

Étrange coïncidence, non ? Parce que si nos cellules sont dupliquées grâce à notre ADN, il a été montré que nos émotions affecte le renouvellement cellulaire….

En augmentant notre taux de « positivité », nous nous changeons ainsi nous-même.Vers un nouveau moi qui permet de se montrer beaucoup plus fort vis à vis des coups durs de la vie, et plus aptes à affronter des situations difficiles.

J’ai lu pas mal d’articles dans la presse qui mettaient en avant que la psychologie positive était un moyen de nous faire accepter sans sourciller le monde difficile dans lequel nous vivons… Mais de ce que j’ai appris en psychologie positive, c’est un peu le contraire qui se passe : on devient plus apte à se battre pour ses idéaux, on va vers l’avant, vers les autres… Prêt à changer le monde !

Accepter son premier choix

Pour rebondir sur mon précédent post et ces pensées qui nous submergent, il semble que nous n’arrivons pas à juger nous même de ce qui nous rend heureux. Le chercheur et psychologue Dan Gilbert de l’Université de Harvard appelle cela « la prévision émotionnelle » ou « prévision affective ».

Nos pensées simulent en effet comment nous nous sentirons dans le futur. Elles vont même prédire ce que nous aimerons ou ce que nous n’aimerons pas. Du type, je passerai de mauvaises vacances s’il ne fait pas beau. L’exemple du chercheur est de proposer à un public : préférez-vous être tétraplégique ou gagner au loto ? La réponse est vite trouvée.

Mais en réalité nous jugeons très mal dans le temps présent ce qui nous apportera du bonheur dans le futur. Parce que nous sous-estimons notre habilité à surmonter des expériences personnelles difficiles. Chez les personnes ayant gagné au loto ou chez les tétraplégiques, le taux de « bonheur » mesuré est pratiquement identique !

Cette sous-estimation de notre force interne nous pousse à éviter de prendre certaines décisions ou de ne pas nous lancer dans certaines activités qui pourraient aller à l’encontre de notre bonheur « pensé » ou « fabriqué » comme le dit Dan Gilbert.

Voici ce qu’il relate :

« Nous avons fait une expérience à Harvard. Nous avons créé un cours de photographie et avons enseigné aux étudiants comment utiliser une chambre noire. Nous leur avons remis des appareils photo, ils ont fait le tour du campus et pris 12 clichés de leurs professeurs préférés, leur dortoir, leur chien et autres souvenirs qu’ils voulaient conserver. Ensuite, nous avons tiré une planche-contact et ils ont choisi leurs deux photos favorites. On a passé six heures à les développer avec eux et ils les ont agrandies. Ils ont deux superbes photos glacées grand format de ce qui leur tient le plus à coeur et on leur demande: « Laquelle comptes-tu nous redonner? » « Je dois en redonner une? » « Oui. Nous devons en garder une pour témoigner du projet scolaire. Tu dois donc faire un choix. Tu en gardes une et je garde l’autre. »

Cette expérience comporte 2 conditions. Dans l’une, nous disons aux étudiants: « Au cas où tu changerais d’avis, j’en garde une quatre jours avant de la faire parvenir au chef mais si tu changes d’idée, il est tout à fait possible de l’échanger. » À l’autre moitié des étudiants, on dit exactement l’inverse: « Fais ton choix tout de suite car nous devons l’envoyer en Angleterre sans délai. Tu ne la reverras plus jamais. » On demande à la moitié des sujets de chaque groupe de prédire s’ils croient qu’ils seront toujours heureux du choix qu’ils ont fait. L’autre moitié est simplement invitée à retourner au dortoir et trois à six jours plus tard, nous leur demandons, à eux aussi, s’ils sont toujours heureux du choix qu’ils ont fait. Voyez ce que nous découvrons.

Dans le premier groupe, tous les étudiants croient qu’éventuellement ils préfèreront la photo qu’ils ont choisie à celle qu’ils ont cédée

Dans le second groupe, lorsqu’on arrive juste avant la possibilité d’échange (trois jours plus tard) et après l’échange (six jours plus tard), ceux qui ont été forcé de faire un choix sont content de leur choix. Alors que ceux qui tergiversent– «Devrais-je l’échanger? Ai-je choisi la bonne? Peut-être que non? Peut-être ai-je cédé la bonne? »–agonisent et doutent toujours d’être satisfait de leur choix. Pourquoi? Parce que la condition réversible n’est pas propice à la fabrication du bonheur.

Et voici la dernière étape de cette expérience. On recrute un nouveau groupe d’étudiants à Harvard et leur disons: « Nous offrons deux cours de photographie. Dans l’un, vous aurez quatre jours pour choisir entre vos deux photos et dans l’autre cours, vous devez choisir sur-le-champ. Quel cours préférez-vous joindre? » Évidemment, 66% des étudiants, les deux tiers, choisissent le cours où ils pourront changer d’idée.

C’est 66 % d’étudiants voués à être profondément insatisfaits !

Peut-être faut-il juste accepter les événements comme ils viennent ? Et utiliser notre premier sentiment, sans laisser nos pensées interférer avec ce choix ?

Ces pensées errantes qui nous submergent

12 à 15 000 pensées nous envahissent chaque jour ! Notre cerveau est remarquablement efficace à nous faire gamberger dans les transports, au travail, à bicyclette….En réalité, nous pensons presque la moitié du temps au cours de notre journée.

Ces pensées nous rendent-elles heureuses ? Et bien pas forcément. Elles peuvent nous projeter dans l’avenir positivement mais généralement elles n’ont aucune limite à nous faire « croire » en des événements non réels.

Matt Killingsworth de l’Université de Berkeley a suivi les émotions de 2 250 personnes grâce à une application smartphone trackyourhapiness.org. Qu’ils soient en train de manger, travailler, courir ou même faire l’amour, les personnes devaient répondre au questionnaire sur les émotions positives et négatives qu’ils ressentaient et si leurs pensées étaient dans l’instant présent.

Il apparaît que les personnes pensent généralement à ce qui n’est pas en train d’arriver ni de se faire et que cela les rend « moins » heureux. Pourquoi ?

Parce que nous pensons souvent à des choses peu agréables, qui nous angoissent ou que nous regrettons.

Et même lorsque les pensées sont décrites comme plaisantes, notre ressenti est de nous sentir moins heureux que lorsque nous n’avons pas de pensées du tout !

Finalement, une pensée qui divague est souvent une pensée de trop.

« Your mind is like a dangerous neighborhood you don’t want to go there alone » Anne Lamott, romancière americaine.

Ici la vidéo de Matt Killingsworth qui explique ses résultats.