Être gentil avec soi

Je ne pensai pas aborder tout de suite le sujet de la compassion mais voilà qu’un article scientifique vient de paraître à ce sujet : The role of self-compassion in buffering symptoms of depression in the general population (PLOS one).

L’article est d’autant plus intéressant que les chercheurs ont étudié un large échantillon de 2 404 personnes de la population allemande. Pour résumer, les personnes ayant plus de compassion envers elles-mêmes montrent moins de symptômes dépressifs (jugement sur eux-mêmes, isolement, observations négatives).

Mais qu’est-ce qu’avoir de la compassion envers soi-même ? Et comment faire pour la cultiver ?

La grande spécialiste de la question est la chercheuse américaine Kristin Neff (ici son site ; et son livre en français).

Self compassion is the practice of quieting the inner critic, replacing it with a voice of support, understanding and care for oneself

Nous sommes généralement notre pire ennemi. Les mots que nous employons envers nous-mêmes lorsque nous pensons avoir fait une erreur sont généralement très durs. Repensez au moment où vous avez consolé quelqu’un qui s’est trompé et au moment où vous-même avez fait une erreur. Le mieux est encore de les écrire afin de pouvoir les comparer….

Qu’observez-vous alors ?

Etre compatissant envers soi nécessite trois éléments clés : de l’auto-gentillesse (envers soi-même), un sentiment d’humanité commune et une pleine conscience.

En situation difficile, la gentillesse est bien plus qu’un sourire. C’est faire tout ce que l’on peut pour s’aider soi-même comme on le ferait pour son meilleur ami.

Le sentiment d’humanité commune est de se dire : « oui, dans la vie tout n’est pas rose. Personne n’est né avec un contrat bien préparé où il est dit que la vie sera parfaite. Tout le monde est au même niveau. » Ce sentiment procure une connexion avec les autres et nous empêche de nous isoler dans la souffrance.

La pleine conscience, c’est la capacité à ne pas ignorer nos douleurs et à les accepter.

OK. Mais en étant gentil avec soi, on risque de ne plus avancer, de devenir égoïste, non ?

On en reparle dans un prochain post !

Explorer la science du bonheur

On m’a demandé où je voulais en venir avec ce blog, quel était mon objectif.

Il est très simple : retranscrire ce que j’ai appris lors de ma formation « the science of happiness » à l’université de Berkeley, Californie (ici), suivre l’actualité scientifique de plus en plus riche à ce sujet et donner des outils en français pour faire en sorte de cultiver notre moi positif.

La science du bonheur est une discipline scientifique à l’intérieur du vaste domaine de la psychologie. Elle a encore ses détracteurs, comme l’écologie scientifique dont je suis également une spécialiste…c’est le jeu de la science en marche ! Pourtant, les résultats sont de plus en plus nombreux à en prouver l’efficacité. Dès lors, pourquoi sans priver ? Pendant longtemps, les scientifiques ont cherché à résoudre nos peurs, nos angoisses, nos colères en cherchant à comprendre pourquoi et comment nous nous acharnions à faire notre propre malheur. Aujourd’hui au contraire, ils cherchent à mettre en lumière les mécanismes qui nous permettent d’être heureux en étudiant nos émotions positives. Ce sont ces mécanismes que je souhaite partager avec vous.

L’idée n’est pas d’occulter notre moi négatif, aussi utile que le positif dans certaines circonstances, mais d’utiliser les méthodes mises au point par les scientifiques pour (re-)centrer notre intérêt sur ce qui va bien au lieu de s’arrêter aux soucis, aux contrariétés, aux auto-critiques….en bref, d’ouvrir notre champ de vision et surtout de nous remettre aussi bien que possible des malheurs de la vie.

N’étant pas psychologue, mais vulgarisatrice scientifique, je ne prétends pas guérir les états d’âmes ni les chocs psychologiques. Pour cela il y a des professionnels dont c’est le métier. J’utilise ici mes compétences journalistiques et scientifiques pour transmettre les nouveautés et les savoirs sur la question qui nous intéresse.

Le positif est très à la mode : les magazines fleurissent sur le sujet. Pour ma part ils restent très superficiels et très consuméristes alors que, bien au contraire, les recherches en psychologie positive montrent que nous pouvons aller vers un monde plus frugal, plus simple tout en étant basé sur des relations humaines plus riches.

C’est reparti pour cette rentrée 2015 !

Se promener dans la nature, c’est bon pour la santé mentale !

L’article vient de paraître dans une grande revue scientifique américaine (PNAS) :

90 minutes de marche dans la campagne diminue l’impression d’avoir « ruminé », d’avoir ressassé cent fois les mêmes idées négatives.

Et ce n’est pas qu’une impression : le cortex préfrontal, une région du cerveau connue pour s’ activer dans les moments négatifs tels que la tristesse, présente aussi une moindre activité !

En revanche, des personnes ayant marché 90 minutes en ville sur un trottoir animé ne présentent pas ces effets.

Alors oui, pour éviter les pensées errantes, les mauvaises pensées, rien ne vaut l’art de la marche !

On espère que les effets sont aussi positifs pour 20 à 30 minutes de marche parce qu’on ne marche pas une heure et demi tous les jours…

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