« Trois choses positives dans la nature »: une voie de transformation intérieure

Il suffit parfois d’un petit coup de pouce pour amorcer une nouvelle pente. Avec des mauvaises nouvelles qui s’enchaînent, un recul des avancées qui étaient amorcées dans le domaine environnemental, garder l’espoir dans l’action relève de l’exploit.

Chacun sa méthode pour faire de son mieux. La mienne est introspective, elle est de me plonger dans la littérature scientifique et découvrir de nouvelles façons de penser, faire, ouvrir l’esprit et les possibles. C’est aussi voir et avaler des tendances peu réjouissantes. Laissons cela de côté pour ce post. La plongée dans l’étude des liens entre l’écologie et la psychologie positive lors de l’écriture de mon ouvrage « Psychologie positive et écologie, enquête sur nos relations émotionnelles à la nature » (Actes Sud, 2019), m’avait porté vers cet espoir : qu’aider les autres (tous les vivants) est porteur de sens, que la reconnexion à la nature via les émotions qu’elle suscite, redonne vie au corps, au mouvement, à l’action. La diversité du vivant porte la diversité des émotions.

Avec cette pluie perpétuelle de l’hiver (voire du printemps avancé) 2024, le petit coup de pouce s’est donc révélé dans une lecture entre deux marches arrosées pendant mes congés. Il s’agissait du concept « Trois choses positives dans la nature ». Un concept dont je n’avais pas parlé dans mon livre, puisqu’il nécessitait de développer un gros volumes d’études portant sur la gratitude.

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Le bonheur dans le monde

Il existe un rapport mondial sur le bonheur (là). Je viens de le découvrir. Il est paru le 20 mars 2016 lors de la journée mondiale du bonheur et du bien-être.

De quoi s’agit-il ?

Une étude réalisée par des économistes, des psychologues, des spécialistes de la santé, des statisticiens….qui évaluent et décrivent comment la mesure du bien être des populations peut refléter la qualité de vie des humains dans leur pays.

1000 personnes sont chaque année interrogées dans 150 pays avec cette question : imaginez-vous une échelle à 10 barreaux, le dixième barreau représente la vie la meilleure possible et le premier barreau, la pire. Où situez-vous la votre ?

Éditée en 2012, puis en 2013 et en 2015, cette mise à niveau de 2016 nous apprend que les pays où les gens sont les plus heureux sont le Danemark, la Suisse et l’Islande. La France se situe en 32e position. Les pays les moins heureux sont le Burundi, la Syrie et le Togo.

Le rapport conclut également que les écarts entre les personnes qui se disent heureuses ou malheureuses augmentent dans tous les pays et à un niveau mondial (comparaison des chiffres des périodes de 2005-2011 et 2012-2015).

Dans le rapport, il est aussi indiqué la variation du niveau de bonheur. Et l’on peut assez vite remarquer que les pays qui ont subi des changements importants économiquement, politiquement et socialement, comme la Grèce, montrent une diminution très nette dans leur bien être. Ce pays montre la plus forte baisse (-1.294) entre 2005-2011 et 2012-2015. La France présente également une forte baisse (-0.336).

Les pays comme le Nigeria (1,28) et la Sierra Leone (1.028) montrent une augmentation importante de leur taux de bonheur. Cependant en Sierra Leone, l’écart entre les gens très heureux et malheureux est le plus important au monde. C’est au Bouthan où il y a la plus faible différence de taux de bonheur au sein de la population.

L’Australie (0.002), l’Autriche (-0.003) et la Suède (-0.0017) sont des pays où le taux de bonheur est resté stable.

Si vous voulez visionner les tableaux, c’est ici.

Et vous, si vous deviez répondre à ce questionnaire, sur quel barreau de l’échelle vous situeriez-vous ?

 

 

Contrer notre habituation hédonique

Dans mon post Merci, j’ai fait allusion aux quatre hypothèses du chercheur Robert Emmons qui expliquent pourquoi se montrer reconnaissant permet de nous rendre la vie plus ensoleillée. Voyons aujourd’hui sa première hypothèse : être reconnaissant permet de se situer dans le présent, de profiter d’un instant et de le rendre magique.

Cela paraît évident et pourtant, nous ne le faisons pas spontanément. Pourquoi ? Parce que les humains possèdent cette capacité exceptionnelle de s’habituer à la nouveauté.

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Se montrer reconnaissant, ça s’apprend

Être reconnaissant envers les uns et les autres, la nature, etc. n’est pas forcément un réflexe pour beaucoup de monde. C’est une pratique qui semble plutôt religieuse. Ce qui est étonnant, c’est que les chercheurs ont démontré que se montrer reconnaissant permet de faire ressortir le côté positif de notre vie. (Ici l’article scientifique)

Mais comment faire ?

L’idée est d’écrire dans un journal 5 événements pour lesquelles vous êtes reconnaissants.

Il faut être précis : « je suis reconnaissant de mes collègues au travail » est trop vague… Par contre, « untel m’a proposé de me remplacer parce que mon fils était malade, je lui suis reconnaissant » pointe ce qui vous a fait vraiment plaisir et comment l’action d’autrui vous a aidé.

Les chercheurs recommandent de tenir ce journal 1 à 3 fois par semaine.

Rappelez-vous les bons moments, les expériences qui vous ont procuré une émotion positive au cours de la semaine.

Il vaut mieux avoir moins de points à noter que trop : l’idée est de privilégier la qualité, pas la quantité.

Focalisez-vous sur les personnes, plutôt que sur les choses mais si une rampe d’escalier vous a permis d’échapper à une dégringolade, n’hésitez pas à la remercier quand même !

Et justement, soyez également reconnaissants d’avoir pu échapper à des situations négatives grâce à une action de votre part ou de quelqu’un d’autre. Mais qu’aurais-je fait sans lui ou sans elle ?

Savourer les surprises, ce sont des cadeaux.

L’exercice est à suivre pendant trois semaines au minimum. Et puis n’hésitez pas à écrire un commentaire pour dire si cela marche pour vous ou pas.

Personnellement, c’est un des exercices qui a le mieux marché avec moi. Je participais à une étude scientifique qui devais durer 15 jours et j’ai continué à dire merci tous les deux jours pendant 1 mois !

Merci

Merci à cette solidarité humaine qui montre que l’on est plus fort que l’horreur et la terreur. Était-il vraiment indispensable de publier un article dans les conditions de ces attentats, sous le choc ?

Si l’on arrive à mieux vivre ensemble, comprendre les autres, être à leur écoute, y trouver une vie meilleure pour nous et pour les autres… Au moins aura-t-on avancé vers un monde plus apaisé en évitant la haine.

Ce post est lié à la reconnaissance. Comment se montrer reconnaissant dans une telle situation ?

Pour les chercheurs, la reconnaissance que nous portons aux autres et qu’eux nous portent est l’émotion positive la plus impliquée dans nos relations sociales : c’est la colle qui nous lie.

Or souvenez-vous, ce qui nous rend le plus heureux, ce sont justement nos relations avec les autres. Les élans de solidarité dont nous sommes témoins avec nos proches nous réconfortent, nous soudent et nous rassurent dans la tristesse qui nous enveloppe.

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Faites le bilan + du jour !

C’est ce qu’appellent les scientifiques américains les « Three good things ». La journaliste Florence Servan-Schreiber appelle ça les 3 kifs

À vous de choisir.

Ce qui compte, c’est que ça marche !

Dans la vie de tous les jours, on a plutôt tendance à noter ce qui va mal. Et ceci, et cela. Et untel m’a dit ça… Les bonnes choses sont généralement tenues pour acquises. On les néglige, comme tout ce qui est positif, on ne se rend plus compte des « petits riens » qui réchauffent le coeur.

Les « three good things » inversent cette tendance.

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Explorer la science du bonheur

On m’a demandé où je voulais en venir avec ce blog, quel était mon objectif.

Il est très simple : retranscrire ce que j’ai appris lors de ma formation « the science of happiness » à l’université de Berkeley, Californie (ici), suivre l’actualité scientifique de plus en plus riche à ce sujet et donner des outils en français pour faire en sorte de cultiver notre moi positif.

La science du bonheur est une discipline scientifique à l’intérieur du vaste domaine de la psychologie. Elle a encore ses détracteurs, comme l’écologie scientifique dont je suis également une spécialiste…c’est le jeu de la science en marche ! Pourtant, les résultats sont de plus en plus nombreux à en prouver l’efficacité. Dès lors, pourquoi sans priver ? Pendant longtemps, les scientifiques ont cherché à résoudre nos peurs, nos angoisses, nos colères en cherchant à comprendre pourquoi et comment nous nous acharnions à faire notre propre malheur. Aujourd’hui au contraire, ils cherchent à mettre en lumière les mécanismes qui nous permettent d’être heureux en étudiant nos émotions positives. Ce sont ces mécanismes que je souhaite partager avec vous.

L’idée n’est pas d’occulter notre moi négatif, aussi utile que le positif dans certaines circonstances, mais d’utiliser les méthodes mises au point par les scientifiques pour (re-)centrer notre intérêt sur ce qui va bien au lieu de s’arrêter aux soucis, aux contrariétés, aux auto-critiques….en bref, d’ouvrir notre champ de vision et surtout de nous remettre aussi bien que possible des malheurs de la vie.

N’étant pas psychologue, mais vulgarisatrice scientifique, je ne prétends pas guérir les états d’âmes ni les chocs psychologiques. Pour cela il y a des professionnels dont c’est le métier. J’utilise ici mes compétences journalistiques et scientifiques pour transmettre les nouveautés et les savoirs sur la question qui nous intéresse.

Le positif est très à la mode : les magazines fleurissent sur le sujet. Pour ma part ils restent très superficiels et très consuméristes alors que, bien au contraire, les recherches en psychologie positive montrent que nous pouvons aller vers un monde plus frugal, plus simple tout en étant basé sur des relations humaines plus riches.

C’est reparti pour cette rentrée 2015 !