Les oiseaux au secours de la déprime

Là, dans la lumière du lampadaire, tel un projecteur sur une scène, le héron au long cou se tenait sur la berge. Alors que j’allais donner le dernier coup de pédale pour traverser le pont en surplomb, je me suis figée autant que lui pour l’observer. Il semblait réfléchir. Et en effet, il avait à la pointe de son bec, une prise qui frétillait. Un chien et un humain passèrent et j’attendais le nez endolori par le froid. Finalement, il se retournera et par un mouvement bref et précis lâcha le poisson pour le gober. Quelques secondes plus tard, il avala à nouveau et je vis son jabot s’arrondir. Et comme pour signifier son contentement, il s’ébouriffa de toutes ses plumes la tête entre les ailes, avec une impression de tableau contemporain vivant fait de rémiges grises, noires et blanches.

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