Cultivons la gentillesse !

Les recherches de Kristin Neff sur l’auto-compassion dont je parlais dans le dernier post ne sont pas sorties de son cerveau par hasard. Être gentil avec soi provient de notre capacité innée à être gentil vis à vis des autres. Et il est admis que c’est une caractéristique très rare dans le monde animal que l’on partage avec d’autres primates, tels que les chimpanzés.

Une expérience réalisée avec de jeunes enfants de 18 mois a par exemple montré qu’ils tentent spontanément d’aider un adulte en difficulté. L’article a été publié dans la grande revue scientifique Science en 2006. Ces enfants n’avaient pas appris à aider les gens et ils n’attendaient rien en retour. Leur coopération face à un inconnu était gratuite, spontanée, sans arrière pensée. Un pas vers la super-coopération humaine qui n’attend qu’à être cultivée et nourrit. C’est à se demander comment par la suite on « perd » cette aptitude.

La gentillesse résulte de plusieurs caractéristiques : l’empathie, la gratitude et la compassion. Trois termes qui représentent à eux seuls des champs immenses de recherche ! Je vais donc y aller petit à petit. Mais une chose est sûre, c’est que, en étant « cultivées », gentillesse, gratitude et compassion nous procurent du bonheur !

Du cerveau, en passant par les hormones et le système nerveux, notre corps ressent un certain plaisir à faire des cadeaux, être gentil, s’occuper des autres. Un jour, j’écrirai des posts sur ces expériences en neurosciences mais chaque chose en son temps !

Pour Charles Darwin, auteur de la théorie de la sélection naturelle, dont on a surtout retenu, « c’est le plus compétitif et le plus fort qui survit le mieux », la compassion est l’instinct le plus important des humains. Et ce serait justement une caractéristique qui nous aurait permis de survivre et d’évoluer.

Pour les chercheurs en psychologie positive, la compassion est le plus grand catalyseur de notre gentillesse. Pourquoi ? Parce que la compassion est un sentiment qui apparaît lorsque l’on est témoin de la souffrance de quelqu’un d’autre et que l’on ressent le besoin de l’aider.

La compassion est plus forte que l’empathie qui est notre capacité à comprendre les émotions des autres sans nécessairement ressentir le besoin de les aider. Si quelqu’un se fait mal, on peut « sentir » sa douleur mais on ne se sent pas forcément concerné.

Lorsque nous nous sentons connectés et attentionnés vis à vis des personnes qui nous entourent, notre système nerveux vagal « the vagus nerve » est activé. On l’appelle « le nerf de l’amour ». Les chercheurs ont montré que plus on est compatissant, plus notre nerf vagal est activé. Mais aussi que plus on se sent fier, moins ce nerf est activé. S’ensuit une cascade de réactions biologiques qui nous procure du bonheur.

Être gentil avec les autres et avec soi même, c’est donc actionner l’amour qui est en nous.

Voici la vidéo des chercheurs, qui me font dire ces paroles quasi mystiques 🙂

2 réflexions sur “Cultivons la gentillesse !

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